Texte Libre

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Quand deux univers se rencontrent, ils ont le choix de s'ignorer, se combattre, ou chercher à se connaître mieux pour s'enrichir l'un de l'autre. Souvent ce n'est pas simple. Parfois c'est une évidence. Et puis il arrive aussi qu'il y ait comme de la magie à l'intersection, qu'à la convergence des forces naisse quelque chose qui n'existait pas avant, dans les individualités séparées. 

En ces lignes, deux artistes aux univers différents - Tilk / Fernando Bronchal et Faux rêveur / Michel Bosseaux - poursuivent au grand jour un dialogue poétique régulier, déjà entamé ailleurs, mais qui méritait son propre espace pour pouvoir s'épanouir, et peut-être devenir à son échelle un univers indépendant... mais avant tout des unis-vers (poème double, un poème de Michel répondant à un de Fernando ), et donc de la poésie. Puisse-t-elle vous plaîre, vous donner l'envie de revenir y goûter jour après jour, et l'envie aussi de partager vos ressentis... car sa seule réalité est toute entière dans le partage...

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Mercredi 11 juin 2008 3 11 /06 /2008 11:16

on peut
retenir
les mots


les
habiller
de silence


les
parer
de convenances


mais
en deçà
de la parole


comment
retenir
la sève


qui s'égoutte
à travers
les plaies


les plaies
poreuses
du corps


comment
retenir
le trop plein


le trop
plein
qui ruisselle


à travers
la plage
jusqu'à la mer


à travers
cette page
jusqu'à ta mer






on peut faire semblant
bien sûr on peut toujours
et puis être cru


les autres n'écoutent pas
les autres se moquent
du grondement des eaux


du saignement du regard
des mille et un mouvements
que l'on réprime


ils tournent la tête
ils vont et viennent
ils ne voient pas


mais comment pourrais-tu
avec eux chanter en chœur
que je vais bien


que ce n'est rien, juste
des mots, du passé
que je n'en ai plus besoin


comment pourrais-tu
vraiment croire
quand je n'écris pas


comment, dis-moi,
que je continue d'exister
malgré moi ?


tu fais semblant tu fais
n'importe quoi parfois
je le vois bien


mais je sens la marée
qui t'emplit, le besoin
que tu caches, peu profond


le besoin qui te ronge, la folie
prends ma plume, viens, apaise-toi
à la lune qui vient ne résiste pas


on peut toujours prétendre être
le plus fort, mais à la fin crois-moi
on n'est heureux qu'en restant soi...



Publié dans : Nous-mêmes - Communauté : Poé-vie
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