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Quand deux univers se rencontrent, ils ont le choix de s'ignorer, se combattre, ou chercher à se connaître mieux pour s'enrichir l'un de l'autre. Souvent ce n'est pas simple. Parfois c'est une évidence. Et puis il arrive aussi qu'il y ait comme de la magie à l'intersection, qu'à la convergence des forces naisse quelque chose qui n'existait pas avant, dans les individualités séparées. 

En ces lignes, deux artistes aux univers différents - Tilk / Fernando Bronchal et Faux rêveur / Michel Bosseaux - poursuivent au grand jour un dialogue poétique régulier, déjà entamé ailleurs, mais qui méritait son propre espace pour pouvoir s'épanouir, et peut-être devenir à son échelle un univers indépendant... mais avant tout des unis-vers (poème double, un poème de Michel répondant à un de Fernando ), et donc de la poésie. Puisse-t-elle vous plaîre, vous donner l'envie de revenir y goûter jour après jour, et l'envie aussi de partager vos ressentis... car sa seule réalité est toute entière dans le partage...

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Vendredi 23 mai 2008
Dans ce qui se dresse
L'eau trouble
Dans le grand fleuve
Je cherche la semence
Je cherche l'appartenance

Dans ce qui se dresse
L'eau trouble
Dans le grand fleuve
Les danses invisibles
Ricochent sans issues
Et disparaissent
Dans le courant

Dans ce qui se dresse
Au loin
L'eau trouble
Et l'espace étendu
Qui s'étiole au large
Et s'enferme en lui même






Dans ce qui se dresse
au loin il n’y a rien à attendre
il faut bien que l’expérience
serve, il faut bien
ne pas répéter sans fin

les mêmes erreurs. Devant ce qui se dresse
revient pourtant
l’envie d’essayer encore. Peut-être
tout sera différent, oui peut-être
je me perds je le sens, mais gaiement
pourquoi toujours tourner le dos ?
refuser d’échouer n’est pas avancer

Dans ce qui se dresse
au loin, plus rien ne me fait peur
bien apprise la leçon de douleur
et l’angoisse déposée sur le bord du chemin.
Demain, au large
je prendrai par surprise mon ennemi intérieur

Pile ou face quitte ou double raison ou cœur
demain je saurai, face à ce qui se dresse,
ce qu’il reste de l’enfant dans les erreurs
de l’homme, et si je suis encore vivant…


Publié dans : Nous-mêmes - Communauté : Poé-vie
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