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Quand deux univers se rencontrent, ils ont le choix de s'ignorer, se combattre, se résigner à l'autre ou chercher à se connaître mieux pour s'enrichir l'un de l'autre. Souvent ce n'est pas simple. Parfois c'est une évidence. Et puis il arrive aussi qu'il y ait comme de la magie à l'intersection, qu'à la convergence des forces naisse quelque chose qui n'existait pas avant, dans les individualités séparées. 

En ces lignes, deux artistes aux univers différents - Tilk / Fernando Bronchal et Faux rêveur / Michel Bosseaux - poursuivent au grand jour un dialogue poétique régulier, déjà entamé ailleurs, mais qui méritait son propre espace pour pouvoir s'épanouir, et peut-être devenir à son échelle un univers indépendant... mais avant tout des unis-vers (pardonnez le néologisme), et donc de la poésie. Puisse-t-elle vous plaîre, vous donner l'envie de revenir y goûter jour après jour, et l'envie aussi de partager ce qu'elle vous aura fait ressentir... car sa seule réalité est toute entière dans le partage...
Lundi 19 mai 2008
mon corps 
                            cache
                  c'est sûr
que cache
                                   mon corps
que contient-il
                                              une forteresse
       très droit
                               très vertical
très fort ce corps se dresse
               dans son incarne-cération


que cache-t-il
                                  que limite-t-il
l'éparpillement
                                     peut-être
                           la théorie des dominos
   l'effet 
                                    boule de neige
la peur
              d'une contamination


cette carapace


                            n'est-il pas
            un récepteur-émetteur
de l'autre
                     d'elle


où sont les passerelles
 les portes
  les passages secrets
      les sous tes reins


                                       contre quoi
mon corps
                        se dresse
pour qui mon corps se dresse


j’interroge mon
corps qui m’interroge
à son tour, danse
entrelacée, tendue
j’interroge qui je suis,
qui à son tour ne dit
rien, me renvoie
à mes propres questions, démons
« je » ne sait rien de plus
et se cache dans le mouvement
chorégraphie, rébus


un pas, une question
le doute me hante, tout
s’enchaine, me déchaine, qui
dira pourquoi je cours
je crie je souris aux larmes
ou je me noie qui dira
si ce n’est moi
où tout cela mène
sinon à l’extinction


de voie, droit dans le mur ?


Je sais que
je ne sais pas
je suis mes faux pas
additionnés, aussi les bons


mais où est la sortie
vers être, l’issue de secours
et si c’était l’amour si ce n’était
pas plus compliqué, te serrer


j’aurais déjà trouvé
mais je cherche encore, tu cherches
chaque nuit nous ne trouvons que nous,
et pour ça nous ne renonçons pas…




publié dans : Nous-mêmes communauté : Poé-vie
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