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Quand deux univers se rencontrent, ils ont le choix de s'ignorer, se combattre, se résigner à l'autre ou chercher à se connaître mieux pour s'enrichir l'un de l'autre. Souvent ce n'est pas simple. Parfois c'est une évidence. Et puis il arrive aussi qu'il y ait comme de la magie à l'intersection, qu'à la convergence des forces naisse quelque chose qui n'existait pas avant, dans les individualités séparées. 

En ces lignes, deux artistes aux univers différents - Tilk / Fernando Bronchal et Faux rêveur / Michel Bosseaux - poursuivent au grand jour un dialogue poétique régulier, déjà entamé ailleurs, mais qui méritait son propre espace pour pouvoir s'épanouir, et peut-être devenir à son échelle un univers indépendant... mais avant tout des unis-vers (pardonnez le néologisme), et donc de la poésie. Puisse-t-elle vous plaîre, vous donner l'envie de revenir y goûter jour après jour, et l'envie aussi de partager ce qu'elle vous aura fait ressentir... car sa seule réalité est toute entière dans le partage...
Mercredi 9 juillet 2008
j'aurais voulu écrire
un poème d'amour
donc un poème sur toi
un poème
avec de la lumière
loin des plaies ouvertes
braquée sur toi

j'aurais voulu écrire
un poème d'amour
donc un poème sans toi
un poème
où je fais
du porte-à-porte
une chaussure
à la main

j'aurais voulu écrire
un poème d'amour
donc un poème sur nous
un poème
avec le bruit de la mèche
qui se consume
inéluctablement

j'aurais voulu écrire
un poème d'amour
donc un poème sans nous
un poème
de missives modernes
il faut bien s'aimer
avec son temps

j'ai écris ce poème
pour toi
j'ai mis la lumière
dans un coin sombre
loin de moi
si je ne voulais
voir que toi

mais je ne t'ai pas vue
dans ce poème d'amour
donc ce poème sur toi
je ne t'ai pas vue
malgré toute la lumière
car les plaies sont très fortes
elles saignent même dans l'ombre

et je ne t'ai pas vue
dans ce poème d'amour
car il fut sans toi
je ne t'ai pas vue
marcher sur d'autres routes
pas loin juste à
étendre le bras parfois
j'étais trop loin en moi

et je ne t'ai pas vue
dans ce poème d'amour
donc ce poème sur nous
je ne t'ai pas vue
comme à ton habitude
me laisser toute la place
et puis t'effacer

et je ne t'ai pas vue
dans ce poème d'amour
donc ce poème sans nous
je ne t'ai pas vue
moi j'étais dans les mots
et il n'en faut pas trop
sinon on noie le temps

et je ne t'ai pas vue
dans ce poème, alors
j'ai éteint la lumière
et t'ai prise dans mes bras
tu tremblais, tu rêvais
j'ai rêvé avec toi
sans cesser de te voir...
publié dans : Amour communauté : Poé-vie
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Samedi 5 juillet 2008
la nuit qui vient
faudra-t-il
la refuser

la refuser
même si
on l'attend

la refuser
même si
on n'attend qu'elle

la refuser
même si
elle nous emplit

même si
elle nous emplit
d'espérance

même
si elle
nous comble

la refuser
au risque
de la perdre

la refuser
pour rendre
l'instant

pour rendre
l'instant
plus fort

la refuser
pour la rendre
plus belle

la refuser
pour qu'elle
ne soit plus nuit ?


Plutôt
refuser
la lumière

cette nuit
qui vient
je la veux

cette nuit
je la veux
toute entière

Lentement s'y étendre
prendre ses aises s'abandonner
se retrouver

sans la lumière qui aveugle
sans l'apparence qui ment
se retrouver vraiment

suivre les ombres qui
dansent encore aux murs
les suivre un moment

et puis plonger plus avant
plonger dans cette nuit
qui nous emplit

refuser, trop facile
cette espérance qui n'est
qu'une pause un délai

chercher plus profond
une meilleure solution
que cette nuit qui nous comble

de repos et de rien
chercher encore plus loin
refuser la surface des choses

ne plus sentir l'instant
ne plus sentir la force ni le sommeil
où l'on plonge

ne plus distinguer les ombres
ne plus savoir ce qu'est une flamme
plonger ailleurs, où cela n'existe pas

plonger là au creux de soi
éteindre les pensées éteindre
les mots éteindre les voix

qui hantent encore éteindre
jusqu'au souvenir de soi
éteindre, plonger plus bas


plus bas que terre, plus bas
et apercevoir au loin, là-bas
la lumière...

Cette nuit qui vient, la prendre
toute entière la prendre à bras
le corps la garder prisonnière

s'en garder prisonnier
au moins pour la nuit
toute entière...

publié dans : Exister communauté : Poé-vie
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